Des boutons pour la maîtresse ou le dilemme de la dissociation production-perception et quand Choupinette « dit » qu’elle veut aller aux toilettes

Jolène a une super maîtresse. Mais comme toutes les super-maîtresses elle est débordée par l’envie de faire bien pour TOUS les enfants. Elle essaie aussi pour Jolène avec les moyens du bord et ça n’est pas facile. La maîtresse voudrait savoir si Choupinette aime ou n’aime pas ce qu’elle lui propose de faire. Du coup elle me demande si on pourrait faire un bouton oui-non. Oui, on peut, on peut tout ou presque chez nous 😉

Evidemment je ne suis pas pour limiter la communication de Choupinette à oui-non (pas la peine de monter sur tes grands chevaux, je lis pas mal et je suis pas mal au courant de la CAA robuste etc. mais on a le droit de se poser des questions en ce qui concerne la dissociation production-compréhension et d’essayer des trucs). Et si la maîtresse veut travailler le code oui-non ça me va, même avec des boutons.

Aussitôt dit, aussitôt fait – je suis devenue une pro de la création en carton plastifiée d’encastrement des boutons parleurs Hoptoy ou Inclusive Technology. Choupinette ne doit pas pouvoir les enlever sinon elle les mange et ils n’aiment pas trop ça, ils ne sont pas water proof… Et ça n’est pas donné ces boutons… Je te montre comment faire en ~20 minutes si comme moi tu gardes tes cartons Ikéa ou autre et que tu as un opinel et du couvre livre autocollant.

L’idée c’est d’utiliser les boutons en production et le tableau de picto en compréhension. Parce que oui, il y a toujours un décalage entre compréhension et production et la production aide aussi à construire la compréhension. A la maison, on bosse aussi avec la tablette mais j’attend de stabiliser mes grilles via l’usage papier pour les repasser sur la tablette et ça prend un temps de dingue.

il reste de moins en moins de place pour la bouffe 😉

La maîtresse m’a dit que Choupinette reconnaissait ma voix sur les boutons. Et elle m’a dit qu’elle utiliserait la grille en compréhension…

Bref, quand même j’ai du mal avec les 3 boutons : « ok, bien, j’aime »; « non pas bien je n’aime pas » et « autre chose » c’est vraiment limité et je n’arrive pas à faire un bouton « oui » et un « non » ça je ne peux pas. Et ma Choupinette a cherché « encore » en tapant sur tous et en s’énervant un peu…. Mais « encore », elle sait le faire avec les mains.

Du coup j’ai fait un peu plus compliqué (~1h) avec l’aide de Choupinette, son déjeuner etc inclus

La version 9 boutons

J’appelle ça les challenges d’une heure des samedi matin avant de partir au cheval, il faut créer une solution rapide à un problème et avec ce qui traîne chez toi. Essaie, c’est top.

1. Je peins les boutons

Mais pourquoi tu fais ça ? Me dit mon mari. Alors que juste avant je lui avait dit « ah non, tu ne les perces pas, à 10 euros le bouton… ». Ben oui, voilà. Parce que je ne veux pas que Choupinette soit perturbée par des couleurs aléatoires et parce qu’en fait (je ne peux pas te le montrer là) je veux qu’elle regarde les picto que j’ai collés ensuite à côté des boutons mais qu’on en voit pas là. Accessoirement, la peinture acrylique fait une couche « râpeuse » que Choupinette aime toucher. Je les ai faits argentés car tu va voir la suite, y’a de l’idée 😉

Pendant que la première couche sèche, je passe à la découpe.

2. Je découpe du carton

Bon j’avoue c’est ma dernière planche de carton de ce type va falloir que je fasse un appel au don de carton Ikéa. La découpe je la fais avec mon Opinel parce que je suis savoyarde et que mes mains savent bien se servir d’un Opinel moins d’un cuter… Mon père sculptait des sifflets dans des branches de bouleau je crois quand j’étais petite avec son Opinel, ça fait tout un Opinel…

Attention : les trous doivent être plus petits que les boutons, l’idée c’est de forcer les boutons dans les trous pour qu’ils y restent et que Choupinette n’arrive pas à les déloger…

3. J’emballe le carton

Scotch double face + rouleau de papier craft

4. Je ferme le dessous avec une planche en carton sur laquelle je pourrais scratcher les boutons pour être sure que Choupinette ne les arrache pas

5. Le moment sensible : la plastification

6. Installation des boutons

les 3ème meilleur ami : les scratch
juste pour te montrer qu’il ne faut pas avoir peur de forcer

7. Produit presque fini (il manque les icônes)

donc du coup la place au dessus de chaque bouton ou à droite ou à gauche ou en dessous selon comment tu vois les chose c’est pour coller l’icône. Et on dirait la voie lactée non ? Allez sois sympa, un peu quand même

De l’aléatoire au sens

Ce matin au déjeuner, Choupinette explore son outil, elle tape un peu sur tout, elle a bien compris « encore », mais elle aime bien m’entendre dire « non, c’est pas bien, j’aime pas ». Et puis elle se met à taper sur « aller aux WC, changer la couche ». Elle avait fait ça hier et je l’avais amené aux WC sans succès. Donc je lui dis : »je crois que tu t’es trompé, tu voulais dire encore » mais non, elle continue. Bon, on l’amène aux WC sans grande conviction et là elle nous fait la totale. On avait du mal à y croire avec mon mari mais quand même….

Et donc ?

Ok, c’est pas la caverne d’Alibaba chez moi mais presque. Et encore on a viré 3 sacs et 3 cartons à Emmaüs ce WE mais j’ai besoin de matière autour de moi pour avancer. C’est pareil en recherche d’ailleurs, je pense que parfois j’énerve un peu mes collègues parce que j’achète vite et beaucoup, ça n’est pas pour dépenser c’est pour avoir de la matière pour donner des idées, créer des envies. Pas obligé que ce soit cher. Je me rappelle un prof de McGill pas mal souriant en me voyant ramener une grande table avec un plateau en verre achetée 10 euros à l’Emmaüs de Montréal (ça ne s’appelle pas Emmaus) pour faire des expé de pointage par projection de cible par dessous 😉 Ou quand on a fait les « poubelles » du campus de Grenoble avec une étudiante de Master pour trouver des planches pour faire un support de caméra Optitrack et surélever la table… Qu’est-ce qu’on se marre 😉

Et donc j’avais abandonné les bouton car j’avais aussi fait ça sur le même principe en plus compliqué. Mais Choupinette en avait rien à foutre. Je lui avais mis sur le mur de la cuisine mais elle était focalisée sur le décrocher du mur. J’avais laissé de côté car j’avoue mon énergie je la passe plus dans les grilles de com.

4 commentaires sur “Des boutons pour la maîtresse ou le dilemme de la dissociation production-perception et quand Choupinette « dit » qu’elle veut aller aux toilettes

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