Tu communiqueras : maman qui cherche

J’ai décidé de faire un post « recherche » pour mettre au clair ce que je fais en ce moment et pour peut-être qu’on me dise si ça existe déjà ou pas, comme ça je pourrais enfin peut-être planter des patates sur ma terrasse car comme disait mon oncle :

Commence par savoir planter des patates

Et oui parce que ce qu’il y a de sûr c’est qu’on ne mangera ni des portables, ni des Ipads, encore moins des logiciels pour Ipad.

Bref la réalité virtuelle et augmentée ne fera pas de la nourriture virtuelle, elle imprimera des steaks et autres matières organiques (ça, ça se fait déjà) mais elle n’inventera pas les « patates numériques qui nourrissent »…

Enfin, je ne crois pas… Je vais quand même demander à mon fils, voir si ça ça pourrait quand même l’étonner un peu 😉 [petit rappel sur la génération « plus rien ne m’étonne » et une petite chanson du matin :

Oui, je suis fan d’Orelsan, j’assume.]

Bref, à défaut de planter des patates dans mes montagnes natales au grand air, et d’aller voir Orelsan en concert, je réfléchis à comment faire pour que l’Ipad s’adapte à Céleste pour lui permettre de s’exprimer.

Je sais bien que la tendance en ce moment c’est :

il faut utiliser vous l’outil, peut-importe quel outil vous utilisez, pour « montrer à l’enfant »

Mais je continue de penser que si l’homme fait l’outil et bien l’outil fait aussi l’homme, cf mes références préférées sur ce thème :

Screen Shot 2019-03-02 at 06.42.18.pngScreen Shot 2019-03-02 at 07.08.26.png

Le bain de langage c’est bien, si l’enfant ne se noie pas dedans 😉

J’adhère aussi à une conception du langage qui dit que celui-ci est aussi déterminé par nos compétences sensori-motrices. Il y a de plus en plus de travaux en recherche qui montrent que le système moteur est impliqué dans les phénomènes perceptifs et la mémoire.

Bien sûr, on peut percevoir sans forcément savoir bouger mais c’est parce que les autres bougent pour créer quelque chose à percevoir… Et quand on bouge nous-mêmes, selon nos compétences à le faire, on ne perçoit pas de la même manière.

Bref, tout ça pour dire que le langage est pour moi inscrit dans nos fonctions sensorielles et motrices et que, si il faut que l’enfant « baigne dedans » pour apprendre, et bien, à un moment, et si possible le plus tôt, il faut aussi qu’il puisse y nager dans ce bain si on ne veut pas qu’il s’y noie !!!

Vous me suivez ?

Donc je cherche aussi à ce que l’outil de Céleste soit adapté à ses compétences sensori-motrices, pour qu’elle puisse commencer à s’exprimer.

La communication et le langage sont inscrits dans le corps

Ca, c’est ma recherche. Je pourrais en parler pendant des heures et des jours. Je vais juste dire 2 ou 3 trucs pour essayer de clarifier ce que je pense.

En général, en psycholinguistique, la production de la parole est décrite comme une succession d’étapes allant de la conception du message à sa mise en forme « motrice ». Or quand on parle il y a aussi des effets dans l’autre sens : du sensori-moteur sur le conceptuel.

Un point fondamental pour moi est que l’outil utilisé pour communiquer (qui est forcément sensori-moteur, toute interaction est sensori-motrice, même les brain-computer interactions, d’ailleurs, j’attend de voir ce qu’elles vont devenir quand elles auront fait que les corps ne bougeront plus physiquement, bref autre débat), donc je disais…

Le point important pour moi est que l’outil utilisé pour communiquer soit suffisamment fluide sur le plan sensori-moteur pour ne pas imposer un fonctionnement descendant avec latence (cf. je-tape-mon-message-puis-je-le-joue-…). Le geste et la parole sont imbattable sur ce point.

Pourquoi ? Parce qu’il sont « dans le corps ».

Sauf pour les gens comme Céleste qui ont une coordination motrice de MERDE. Oui, faut le dire, ma pauvre Doudou elle se bat quotidiennement avec son propre cerveau pour qu’il arrive à bouger son petit corps parfait car elle a envie, ça c’est clair, de « dire », de bouger…

Mon point de vue c’est donc qu’il faut « travailler » à ce que les interactions sur tablette ou autres soient « plus dans le corps » qu’elles ne le sont actuellement, même si c’est sûr qu’avec le pointage au toucher sur tablette : il y a eu une vraie révolution dans l’usage des outils et en particulier dans leur accessibilité aux personnes avec une déficience intellectuelle.

Mais ça, « concevoir des interactions qui soient plus « dans le corps » », il y a plein de gens qui travaillent dessus. D’ailleurs, c’est la thématique de recherche de mon mari : de faire des outils d’interaction avec les nouvelles technologies qui soient adaptés aux compétences sensori-motrices des utilisateurs (et des fois un peu la mienne aussi, j’essaie de contribuer en apportant des connaissances sur le fonctionnement cognitif humain dans le cadre- encore et toujours- de la cognition incarnée et située).

Des logiciels que j’ai vu pour l’instant, Speak4Yourself est celui qui implémente le mieux cette idée avec des mots accessibles en au max 2 clics. Mais je pense qu’on doit pouvoir faire mieux : les gens qui font de la recherche en Interaction Homme Machine doivent bosser dessus déjà. Il faut que je trouve le temps de faire de la biblio. N’hésitez pas à m’en envoyer si vous en avez !!! Ou que vous connaissez des outils qui répondent à ça car planter des patates et « accessoirement » avoir plus de temps pour m’occuper de ma fille ça me va très bien aussi si je me sens « confortable et rassurée » sur son outil de communication.

Le produit de mes réflexions à j-quelques mois

Pour rappel (cf ici et  ) on a commencé avec (en expression) avec :

  1. le bouton « encore » cf ici
  2. les 4 boutons cf.
  3. pour passer à l’IPAD cf + au Franken-Keyboard que Papa a fait « from scratch-ou presque » et donc je parlerais plus tard mais qui en gros a 8 boutons pressoirs chacun associés à un son modifiable. Il a l’avantage par rapport à l’IPAD de fournir un feedback tactile.

Je passe sur le bouton encore, c’était le premier pas pour apprendre à Céleste qu’elle pouvait dire quelque chose en appuyant sur le bouton qui aurait un effet sur nous.

Les 4 boutons

WISK

 

Les 4 boutons enregistreurs  « savamment montés » sur une boite à Whisky (cf image ci-dessous) ont été contraints par la conception en parallèle du Franken-Keyboard qui inclut 2 lignes * 4 boutons. Donc, il me fallait une ligne de 4 boutons (logique, non ?)

 

 

Quand on est con-con et qu’on fait du 5*4 au lieu du 4*4 prévu

Comme je suis un peu con-con des fois, je pensais que la taille des grilles possibles dans Proloquo était forcément prédéfinie. Je suis tellement con-con et/ou l’outil et tellement mal fait que je n’avais pas capté que je pouvais définir la taille que je voulais.

Or dans les tailles de grilles par défaut, il n’y a pas 4*4 alors j’ai fait 5*4 pour faire ça (désolée, il y bien 5 lignes (j;ai coupé les deux lignes du dessus quand j’ai fait l’impression d’écran, c’est du Proloquo, hein, les icônes sont propriétaires… :

IMG_E0343.jpg

puis ça :

IMG_E0348 (2).jpg

Avec une grille faite à l’imprimante 3D par Papa de 4*5

screen shot 2019-01-22 at 13.37.02

Puis, je me suis rendue compte que je pouvais bien faire des grilles de 4*4 dans Proloquo. Sauf qu’à ce moment de compréhension, on s’est retrouvé à l’hôpital et du coup j’ai continuer à avancer dans mes réflexions en réanimation avec ma grille de 4*5 car c’est la seule grille physique que j’avais sous la main. Ca m’a aidée à me projeter et à supporter le fauteuil et le bruit des machines. Oui, chacun son truc, le mien c’est mon « travail ».

Mais du coup au réveil de Céleste, après que le bouton « manger » soit tombé en panne, ben j’ai abrégé pour lui proposer ça sur l’IPAD :

screen shot 2019-01-22 at 13.50.11

Elle a tout de suite retrouvé son bouton encore et manger et, des fois, à l’occasion, « c’est fini ». Mais attention hein, c’est quand elle a envie qu’elle les utilise, ça n’est pas systématique hein : ma fille ne fait pas de miracle, moi encore moins !

Quand on a besoin de plus de boutons

Rapidement avec cette grille improvisée, j’ai manqué de boutons pour parler à Céleste alors, toujours dans le soucis de lui rendre accessible en expression, j’ai fait ça :

Ipad.png

Donc j’ai en gros (40-3)^(40-3) mots possibles soit 1370 en suivant la logique de SPeak4Yourself et les boutons référents sont toujours au même endroit. Les catégories sont indiquées par le « prototype », pas par la catégorie (encore des histoires de représentations émergentes en mémoire).

Mais évidemment, je ne compte pas en rester là et le plan c’est, selon l’usage et les compétences de Céleste (et l’évolution de mes connaissances des outils et leur évolution à eux, suivre le chemin que je m’étais planifié suivant.

De 4 à 128 cases par grille ou de 16 à ~16000 mots

Alors si je n’avais pas fait cette erreur de croire que je ne pouvais pas avoir une grille de 4*4 dans Proloquo le plan était le suivant :

Commencer « petit » avec ma toute petite

8 boutons, mais l’idée étaient ne pas les afficher forcément tous + grille physique adaptée, pour les mots, je les ai adaptés à notre quotidien et j’ai aussi regardé les listes de Sophie Kern sur les premiers mots compris et produits par les enfants (cf. les Inventaires Français du Développement).

J’aurais aussi pu en afficher seulement 4, les mêmes que les 4 boutons physiques. C’est ce que j’ai fait avec ma grille 5*4 en me limitant à deux lignes.

Par ailleurs, quand je choisis un mot et en particulier la forme d’un verbe, je regarde les fréquences d’usage dans Lexique.org car : certains verbes sont très peu utilisés à la forme infinitive : on dit plus « di* » (dis, dit) que « dire » etc.

Progression

Comme j’ai épuisé mon temps blog je vais juste mettre une image pour essayer d’expliquer ce que j’ai en tête. En gros ça demande deux étapes de grilles physiques : une 4*4 (en vert sur l’image) et une 4*8 (en orange). Mais au moins 3 étapes en termes de taille de grille logicielle :

  1. 2*4
  2. 4*8
  3. 8*16

Bien sûr, on peux faire des étapes intermédiaires, genre équivalentes à celle qu’on utilise aujourd’hui avec Céleste (ici ça serait 4*4).

Screen Shot 2019-03-02 at 08.03.57.png

En terme de contenu, l’idée c’est que la grille grandisse avec les compétences sensori-motrices de Céleste.

Par exemple, aujourd’hui, elle a une grille physique de 5*4 mais 5*8 boutons, juste j’en affiche un seul par case avec mes boutons « référents » : c’est fini, manger, dormir, encore toujours au même endroit.

Bref, je n’ai pas le temps de détailler plus mais voilà.

C’est de toute façon difficile pour moi d’utiliser des outils dont j’ai du mal avec la logique d’organisation par défaut. Donc je prend le risque de refaire et de réfléchir aussi parce que c’est mon travail. Mais c’est sur qu’il va falloir que je bosse sur l’existant mieux ou que les gens qui le connaissent mieux que moi m’aide à mieux le comprendre.

 

 

 

 

 

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